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Investir dans la région de l'Ouest

Institut d’Etudes Géostratégiques : Des opportunités agro-industrielles pour les femmes dans le Haut-Nkam

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L’Institut d’Etudes Géostratégiques, créé par Jean Paul Pougala, industriel camerounais qui possède des usines jusqu’en Chine, a son siège à Bafang, dans le département du Haut-Nkam. Elle a mis sur pied une formation destinée aux Africains : « Réinventer les Industriels africains de Demain (RINVINDAF) ». En plus de cette formation qui dure en général 03 jours et coûte souvent jusqu’à 02 millions Francs CFA, l’IEG a entrepris de créer des usines dans le Haut-Nkam. Par exemple, il a mis sur pied une usine de production d’huile de tournesol. Celle-ci se trouve non loin de la chefferie supérieure Bafang. C’est la première du genre au Cameroun. « Il s'agit d'une huile légère, biologique : aucun engrais chimique, ni pesticide n'a été utilisé pour produire nos graines », précise Jean Paul Pougala sur la page facebook de l’IEG. Le complexe a commencé à sortir sa production au mois de février 2018. Le conditionnement en acier de 5 litres coûte 7500 FCFA, soit 1500 Francs CFA le litre.

Pour garantir la régularité de la matière première dans son usine de production d’huile de tournesol, l’IEG propose aux femmes de Bafang de cultiver le tournesol. Pour cela, c’est l’institut qui fournit gratuitement les semences. L’IEG achètera ensuite toutes les récoltes des femmes volontaires qui auront reçu ces semences bios. L’institut insiste pour qu’elles n’utilisent aucun engrais chimique, ni de pesticide, ni d’herbicide, ni de fongicide. La distribution des semences aux femmes déjà inscrites dans le fichier de l’IEG a démarré le 20 février 2018 à l’usine. Chacune reçoit en fonction de la superficie des terres dont elle dispose. La condition première est d’avoir sa plantation dans le Haut-Nkam. Celles qui veulent profiter de cette opportunité peuvent appeler ce numéro de téléphone : (+237) 6 76 89 03 53.

Élevage industriel : Un centre de formation propose une formation à 5000 Francs CFA à Dschang

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Ghislain Victor Nkenlifack, PDG de NG Trading Company, l’une des cinq entreprises qui produisent « les poussins d’un jour au Cameroun », a lancé au dernier trimestre de l’année 2017, le Centre de Formation aux Métiers Agro-pastoraux du Cameroun (CEFAC). Et c’est à Dschang qu’il a décidé de baser la première antenne. Ici, les cours se déroulent à partir de 18 heures et ne durent que deux heures de temps au maximum par jour. Chaque apprenant peut choisir une ou toutes les 03 filières d’élevage industriel : porc, poulet, lapins, abeilles. En outre, il y a également une spécialité « agriculture ». En plus des cours sur les techniques pures d’élevage à grande échelle, les pensionnaires reçoivent des cours sur le montage du business plan et sur l’éthique et la déontologie. Le principe ici est : 30 % de théorie et 70 % de pratique, le tout en deux mois. Les moniteurs sont des praticiens de différents domaines.

La deuxième promotion du Centre de Formation aux Métiers Agropastoraux du Cameroun (CEFAC), antenne de Dschang, a démarré les cours le 15 janvier 2018. C’était au siège de l’institution, situé à la Rue Emac, à Dschang. Chacun des apprenants a déboursé comme frais de scolarité, la somme de 5000 Francs CFA. Comme pour la première promotion, les cours vont de lundi à vendredi, de 18 heures à 20 heures. « Nous avons pris cette option car nous nous adressons à tout le monde, sans distinction de niveau scolaire ou de secteur d’activités. On laisse donc la possibilité aux travailleurs d’achever leur boulot et de venir au cours. Notre rôle est de leur donner un second métier et leur permettre de devenir des entrepreneurs agropastoraux. »

Après deux mois de cours théorique, la première vague de cet incubateur d’entreprises agropastorales, baptisée « Promotion Efo’o Nkenlifack Marius » est entrée dans la phase pratique. Celle-ci est constituée essentiellement des apprenants dans les filières « porc » et « poulet de chair ». 27 d’entre eux ont effectué un pèlerinage à Souza, dans la Région du Littoral, du 05 au 06 janvier 2018. Ils ont visité les installations de NGV Trading Company, l’entreprise du promoteur du CEFAC, Ghislain Victor Nkenlifack. La visite guidée leur a permis de voir le cheminement par lequel est passé ce chef d’entreprise pour devenir l’un des rois de l’aviculture au Cameroun.
Une journée, trois fermes visitées

À Souza, la promotion « Efo’o Nkenlifack Marius » a commencé par le site de Maleke. Ici, c’est un site de 03 hectares qui a accueilli les visiteurs. « J’arrive au Cameroun en 2010 en provenance de la Belgique. Au lieu de m’installer à Douala comme beaucoup, je viens ici acheter cet espace. Tout n’était que recouvert par la forêt. J’ai créé la route et j’ai bâti ma petite cabane en planches. C’est là que j’ai vécu pendant six mois », a précisé Ghislain Victor Nkenlifack. Les apprenants ont visité la grande porcherie du site. Elle accueille une centaine de porcs en ce moment, toutes races confondues. Sur le même site, deux grands couvoirs existent pour l’aviculture. Mais ils sont vides. « La grippe aviaire de 2016 m’a fait abandonner l’aviculture sur ce site. D’où les couvoirs vides. Mais ici, il y a avait les poulets de chair, les pondeuses et les productions végétales. Ici, j’avais 30 000 pondeuses et je sortais 750 alvéoles d’œufs par jour. », a-t-il précisé.

Après Maleke, la délégation des apprenants a mis le cap sur Grand Souza. Ici, c’est la ferme qui accueille les parentaux des poussins d’un jour. Elle existe depuis 2013. Les apprenants tombent sur deux bandes de 5500 sujets chacun. Une troisième bande arrivera dans la soirée du 05 janvier en provenance de l’Europe. Leur croissance démarre dans cette ferme parce qu’on est dans une zone chaude. Ils seront transférés plus tard à la ferme de reproduction de Dschang. Et c’est là qu’ils vont commencer à pondre les œufs qui, après incubation, déboucheront sur les poussins d’un jour. Sur le site de Grand Souza, les 27 futurs entrepreneurs agro-pastoraux ont également vu le moulin réservé à la production des aliments pour les animaux. Enfin, ils ont pu apprécier le champ d’ananas qui accompagne les productions animales. « Le bon élevage se combine toujours à la production végétale. Car, les fientes de poule servent à fertiliser les champs », a expliqué Ghislain Victor Nkenlifack.

Enfin, toujours à Souza et sur les installations de NGV Trading Company, les apprenants ont visité la ferme porcine de Kolo. On y dénombre plus de 160 sujets. D’après le promoteur, le site a subi un vol de 60 porcs pendant les congés de noël 2017. Ce qui a littéralement découragé ce conquérant. « On avait plus de 600 porcs ici. Les gens venaient de partout pour acheter les porcelets ici. A cause des multiples vols, j’ai décidé de freiner l’activité. D’où, je donne le conseil suivant : il vaut mieux se concentrer sur une seule filière pour avoir la capacité de suivre soi-même. Dans l’activité agropastorale, le plus gros problème est celui de la fiabilité de la ressource humaine », a-t-il précisé. Ici, les pensionnaires du CEFAC ont apprécié la qualité des ouvrages hydrauliques de la ferme. « Le porc ne boit pas l’eau du sale », a-t-il affirmé pour conclure sur ce passage à Kolo.

Après le passage dans les trois fermes, la première promotion du CEFAC en « poulet » et en « porc » a eu droit à un débriefing avec le promoteur. « Je dis déjà que c’est une première expérience. L’idée était de permettre aux gens de toucher du doigt ce qu’on leur a dit dans la théorie. Je crois que ça crée l’émulation. C’est en tout cas l’objectif. Ils ont vu ce qu’il fallait voir. Maintenant, ils vont rentrer. Ils vont monter les projets et se mettre à leur propre compte. Nous allons les aider à obtenir les financements auprès de notre partenaire, la Coopérative d'Epargne et de Crédit des Artisans du Wouri, un établissement de microfinance. C’est ma contribution pour lutter contre le chômage dans mon environnement », a indiqué le PDG de NGV Trading Company et promoteur du CEFAC. S’ils brillent dans leurs différentes fermes, les apprenants de l’incubateur seront encouragés à transformer leur production. Au finish, l’objectif final est de faire de Dschang, un pole agro-industriel au Cameroun.

Agro-industrie : Il y a encore de la place dans la Région de l’Ouest

L’industrie est ce qui fait le plus défaut à la Région de l’Ouest. Il existe une demi-dizaine de complexes industriels dans la ville de Bafoussam. Pour le reste de la Région, c’est le désert. On peine à s’y jeter dans l’industrie. Certes, l’insuffisance d’énergie électrique peut expliquer la réticence des uns et des autres à créer des usines dans cette partie du Cameroun. Mais le fait que l’Institut d’Etudes Géostratégiques ait lancé une usine de production d’huile de tournesol à Bafang, montre que les choses sont possibles. L’Ouest reste un important bassin de production pour plusieurs produits agricoles : tomates, pastèques, pommes de terre, haricot vert, carottes, choux, avocats, etc. Par exemple, une importante partie des récoltes de la tomate finit à la poubelle, dans l’attente d’une évacuation dans les marchés de Douala.

Des usines de production de concentré de tomate pourraient facilement voir le jour dans cet espace, notamment à Dschang et Foumbot. Il faudra simplement prévoir de construire sa propre source de fourniture en énergie électrique. La commune de Dschang, par exemple, construit en ce moment deux micro-centrales hydro-électriques dans le but de baisser le déficit en énergie électrique sur son territoire. Un industriel qui s’installe dans la localité pourrait faire la même chose dans le but d’autonomiser son usine.

Élevage : Ces filières qui souffrent de sous-production à l’Ouest

Des esprits bien malins tenteraient des aventures d’éleveur dans certains secteurs à l’Ouest. Pourquoi l’Ouest ? D’après Ghislain Victor Nkenlifack, qui produit les « poussins d’un jour à Dschang », matière première des aviculteurs, le climat tempéré et la végétation de la Région sont propices à l’élevage. Une forte demande non satisfaite existe dans plusieurs sous-secteurs : le poussin d’un jour, le lapin, le cobaye.

Le poussin d’un jour
Pour produire le poulet de chair, il faut acheter le poussin d’un jour. Cette matière première n’est pas très abondante. En effet, le Cameroun entier ne compte pas plus d’une demi-dizaine de producteurs de poussins d’un jour. Dans la Région de l’Ouest où les producteurs de poulets de chair affluent, la pénurie en poussins d’un jour se fait souvent ressentir. NGV Trading Company, société à la tête de laquelle se trouve Ghislain Victor Nkenlifack, a compris ce manque et a installé une usine à Dschang où elle produit depuis la fin de l’année 2016, les poussins d’un jour. Pour cela, elle importe des reproducteurs de la Belgique.

Les discussions avec le PDG de NGV Trading Company révèlent que sans faire de marketing, l’entreprise fait face à des commandes qu’il lui est difficile de satisfaire. Des clients attendent souvent jusqu’à deux mois pour pouvoir obtenir la livraison d’une commande très souvent payée à l’avance. Il arrive que le promoteur refuse d’enregistrer de nouveaux clients sur la base de la non-disponibilité du produit. Il apparait donc qu’un investissement dans la production des poussins d’un jour serait une bonne affaire dans la Région de l’Ouest. Mais il faudrait au préalable se former et trouver un fournisseur de poussins-reproducteurs en Europe ou ailleurs.

Le lapin
Alors que le lapin, viande blanche et donc de luxe par excellence, se consomme beaucoup plus à Yaoundé et à Douala, c’est dans les grassfields (Ouest et Nord-Ouest) qu’on le produit le plus. Car, l’herbe fraiche constitue en partie l’alimentation de cet animal domestique. Des producteurs existent également autour de la ville de Yaoundé. D’après Pacherel Momo, ingénieur agro-économiste qui a fait une étude dans le domaine, « le lapin nettoyé est principalement demandé par les hôtels, les restaurants et les supermarchés. Tandis que les ménages ayant un revenu relativement élevé et les potentiels éleveurs s’intéressent au lapin vif ». Tous les jours, des acheteurs sillonnent les villes de l’Ouest en quête de ce précieux produit. Yannick Djoufack Tadakeng, ingénieur en génétique et petit producteur installé à Dschang, reçoit chaque semaine des commandes qu’il lui est impossible de satisfaire. Dès lors, il recherche les stratégies pour augmenter ses capacités de production. Les producteurs avec qui il est en réseau font eux aussi face à des commandes qu’ils ne peuvent honorer. Le déficit est donc là. Il faut des producteurs.

Le cobaye
Le cobaye, un autre animal à la chaire blanche, est également très demandé dans les deux grands centres urbains du Cameroun que sont Douala et Yaoundé. Son élevage réussit bien dans la Région de l’Ouest. Les éleveurs ont du mal à approvisionner le marché qui connaît une demande sans cesse croissante. En se lançant donc dans la production à grande échelle du cobaye dans la Région de l’Ouest, on réaliserait une bonne affaire.

Niches d'investissement au Cameroun

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