Des esprits bien malins tenteraient des aventures d’éleveur dans certains secteurs à l’Ouest. Pourquoi l’Ouest ? D’après Ghislain Victor Nkenlifack, qui produit les « poussins d’un jour à Dschang », matière première des aviculteurs, le climat tempéré et la végétation de la Région sont propices à l’élevage. Une forte demande non satisfaite existe dans plusieurs sous-secteurs : le poussin d’un jour, le lapin, le cobaye.

Le poussin d’un jour
Pour produire le poulet de chair, il faut acheter le poussin d’un jour. Cette matière première n’est pas très abondante. En effet, le Cameroun entier ne compte pas plus d’une demi-dizaine de producteurs de poussins d’un jour. Dans la Région de l’Ouest où les producteurs de poulets de chair affluent, la pénurie en poussins d’un jour se fait souvent ressentir. NGV Trading Company, société à la tête de laquelle se trouve Ghislain Victor Nkenlifack, a compris ce manque et a installé une usine à Dschang où elle produit depuis la fin de l’année 2016, les poussins d’un jour. Pour cela, elle importe des reproducteurs de la Belgique.

Les discussions avec le PDG de NGV Trading Company révèlent que sans faire de marketing, l’entreprise fait face à des commandes qu’il lui est difficile de satisfaire. Des clients attendent souvent jusqu’à deux mois pour pouvoir obtenir la livraison d’une commande très souvent payée à l’avance. Il arrive que le promoteur refuse d’enregistrer de nouveaux clients sur la base de la non-disponibilité du produit. Il apparait donc qu’un investissement dans la production des poussins d’un jour serait une bonne affaire dans la Région de l’Ouest. Mais il faudrait au préalable se former et trouver un fournisseur de poussins-reproducteurs en Europe ou ailleurs.

Le lapin
Alors que le lapin, viande blanche et donc de luxe par excellence, se consomme beaucoup plus à Yaoundé et à Douala, c’est dans les grassfields (Ouest et Nord-Ouest) qu’on le produit le plus. Car, l’herbe fraiche constitue en partie l’alimentation de cet animal domestique. Des producteurs existent également autour de la ville de Yaoundé. D’après Pacherel Momo, ingénieur agro-économiste qui a fait une étude dans le domaine, « le lapin nettoyé est principalement demandé par les hôtels, les restaurants et les supermarchés. Tandis que les ménages ayant un revenu relativement élevé et les potentiels éleveurs s’intéressent au lapin vif ». Tous les jours, des acheteurs sillonnent les villes de l’Ouest en quête de ce précieux produit. Yannick Djoufack Tadakeng, ingénieur en génétique et petit producteur installé à Dschang, reçoit chaque semaine des commandes qu’il lui est impossible de satisfaire. Dès lors, il recherche les stratégies pour augmenter ses capacités de production. Les producteurs avec qui il est en réseau font eux aussi face à des commandes qu’ils ne peuvent honorer. Le déficit est donc là. Il faut des producteurs.

Le cobaye
Le cobaye, un autre animal à la chaire blanche, est également très demandé dans les deux grands centres urbains du Cameroun que sont Douala et Yaoundé. Son élevage réussit bien dans la Région de l’Ouest. Les éleveurs ont du mal à approvisionner le marché qui connaît une demande sans cesse croissante. En se lançant donc dans la production à grande échelle du cobaye dans la Région de l’Ouest, on réaliserait une bonne affaire.

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